REVUE DE PRESSE

Rock & Folk

"En près d'une décennie, Torso (de Strasbourg) a poursuivi une trajectoire qui l'a conduit de la reprise d'un titre de Daniel Darc à trois album inspirés entre rock et chanson à texte. Son nouvel EP cinq-titres est une sorte de piqûre de rappel : ce projet d'un chanteur multi-instrumentiste demeure toujours aussi pertinent et cohérent. Ambiances atmosphériques (tendance new-wave post-punk), voix élégante et précieuse, ébauche de mélodies attachantes et affirmation d'une véritable écriture : autant d'atouts qui le démarquent et contribuent à entériner son originalité poético-musicale."
H.M - Rock & Folk - décembre 2011.

Obsküre Magazine

Torso l'avait annoncé, ce nouvel EP ne contient pas de tube pour l'été. En revanche, pour l'automne venteux, il contient les perles habituelles du groupe, comme "un pogo entre deux barbelés pour la beauté du geste". Le livret développe les paroles de cinq titres et et des remerciements explicites puisque Robert  Smith et Steven Severin sont mentionnés. C'est que la musique de Torso puise avec inspiration dans le Cure des du début des années quatre-vingts , cette cold wave qui n'en finit pas de glacer les corps et réchauffer les esprits en touchant juste. Les paroles en français, des "Pétales de Prose" lancées par Vincent Fallacara d'un ton monolithique, entre cynisme et fragilité absolue, troublent de nouveau.Après une belle expérience de spoken words mis en musique au côté de Julien Soulier, le groupe strasbourgeois reprend ses marques laissant place à des ritournelles aux harmoniques placées sans trop y croire : une attitude en retrait, sans afféterie, qui donne au groupe son charme, entre un Daniel Darc et Diabologum.
Obsküre Magazine - Septembre/Octobre 2011.

Muzzart

Déjà présenté dans ce zine, Torso, projet strasbourgeois alliant VinZ (voix, guitare, sampler, basse et programmation) et AlexXx (guitare, noises), sort ces jours-ci un EP qui prolonge l'excellent Rien de nouveau [en quelque sorte] et, tout en apportant un tempo un peu plus percutant, livre cinq titres imparrables.
Ce sont d'ailleurs les basses mastoc de VinZ qui ouvrent le bal, sur la new-wave Curienne de Stalingrad!, Torso démontrant de nouveau son excellence dans la confection d'hymnes, chantés en Français, lettrés et placés à la croisée des genres. Guitares affirmées et atmosphériques, ambiance cold et musicalité new-wave enfantent donc un premier morceau de taille, et Des taches sur mon rorschach, à la fois fin et grinçant, lui aussi très The Cure dans les guitares, qu'elles possèdent quatre ou six cordes, valide le bon ressenti qu'engendre ce début d'EP.
On n'est guère surpris -on connaissait déjà la dextérité du duo-, mais la qualité des titres enthousiasme et ceux-ci dégagent un climat singulier. Les synthés ne sont pas en reste, ce sont d'ailleurs eux qui ornent la fin de ce morceau, et une sensibilité acoustique anime S.O.E.N. (Eloge de la seconde place), plus posé, poétique et aérien. Sa fin plus acide réjouit aussi les écoutilles, puis se profile ensuite Elégie nocturne de la troisième zone.
Saccadé, enveloppé par une trame fine aux basses encore une fois déterminantes, entre cadence affirmée et ouvertures cold légèrement noisy, voilà une quatrième aussi probante que ce qui vient avant.
On est sur, avec Torso, de s'offrir un moment, marquant, de bonheur musical déviant et racé, et Je me dissous vient terminer l'ouvrage sur une déclamation par VinZ, entre autres, des genres dont il se réclame l' "enfant", après une amorce electro/new-wave d'abord dominée par les claviers. Guitares faussement tranquilles, paroles distinguées se mettent aussi en avant, et le tout dévoile une cinquième titre magistral, tour à tour 80's, cold et rock, à la manière de Torso.
Superbe EP donc, crédible et exempt de tout essai moyen, à classer auprès, par exemple, de l'oeuvre de VinZ en compagnie de Julien Soullier.

Muzzart 

Station Service

Je traîne mon chagrin dans les oflags et mon doudou dans les orgies/ J'hésite encore à prendre place entre les lignes du parti… Cet Elégie Nocturne de Troisième Zone est au cœur du nouveau disque de Torso. Un EP vibrant et grésillant comme ces lignes de haute tension courant dans la forêt savernoise, reliant la ville et la nuit, désorientant les randonneurs égarés, contaminant les bois, grillant les elfes et les corbeaux. Torso enchaîne dans la noirceur, la théâtralité et la littérature, entre une citation du controversé Drieu la Rochelle et un riff de Steven Severin, le guitariste des Banshees, quelques part dans les limbes, les ombres et les silences des généalogies post-punk qu'on évoque encore, à l'occasion d'une Rorschach Test Party, entre les disques de Cure et les textes de Lautréamont.
Patrick Peiffer - Station service - Janvier 2012.

Reflets DNA

Thérapie de Groupe 
Ceux qui les connaissent savent quelle fièvre froide procure l'écoute des titres les plus venimeux du duo d'ordinaire peu enclins aux amabilités et aux mélopées flatteuses, les Strasbourgeois de Torso, nourris au post-punk, surprennent avec leur nouvel album, moins rugueux, plus apaisé que ses trois prédécesseurs. Sorti cet été, Des Taches sur mon Rorschach -énigmatique référence au célèbre test censé établir le profil psychologique du sujet grâce à la libre interprétation de taches d'encre - brouille les pistes. À dessein, car les musiciens entendent ici "abolir toute velléité de classification". Reste ce qui a toujours fait la singularité du groupe :des textes ciselés, et le choix du français assorti à une instrumentation anglo-saxonne, une quasi anomalie dans le paysage musical. Mais cette fois-ci, les textes naguère scandés d'une voix blanche laissent davantage place au chant. Le ton est détaché,moins sec, presque indolent. Mais la voix module, des mélodies s'esquissent, candidement diront certains, à l'image de S.O.E.N (Éloge de la seconde place), entre ballade et comptine. Un parti pris risqué cependant que celui du chant, là où leur force venait justement de ce refus des mélodies, de la raideur incantatoire de la voix. Ailleurs, le désespoir incandescent qui les guidait se mue en une ironie lointaine, en humour noir. Les " enfants du rock, du punk et du post-punk ", à l'image du leader Vincent Fallacara, retrouveront sur ce disque des rythmes durs - le très réussi Stalingrad -, des guitares glacées mais moins coupantes, des claviers eighties.
Enfin, Élégie nocturne de troisième zone se détache, nouveau diamant noir extrait des gouffres amers de l'existence. "Je traîne mon chagrin dans les Oflags et mon doudou dans les orgies", confie Vincent Fallacara dans Je me dissous. La quête intérieure se poursuit donc, mais à une cadence un rien plus retenue. Comme si cet adepte de la malédiction avait finalement mis de l'eau dans son vin

CLARISSE BARGAIN - Reflets DNA - 10 au 16 septembre 2011.

POLY

Le Strasbourgeois a sans doute beaucoup abusé de Mon cerveau dans ma bouche de Programme et d'A Découvrir Absolument de Diabologum. Comme eux, Torso (mal)mène la chanson française vers des territoires obscurs et biscournus. Gouaille à la manière de Taxi Girl, basse ronde évoquant les Cure, paroles âpres scandées façon spoken word… Le sombre cinq titres Des Tâches sur mon Rorschach nous conduit sur les boulevards de Stalingrad ou, le pied au plancher, sur les nationales en direction de l'enfer (Elégie nocturne de troisième zone). Les tests psychologiques sont formels : Torso est ténébreux et torturé. Sa musique ? Tordue et torse.
Emmanuel Dosda - Poly - Novembre 2011.

Chroniques de l'album "Rien de Nouveau [en quelque sorte]

"Pour son troisième album, Torso règle sa vitesse de croisière entre ses obsessions new wave et des ouvertures mélodiques presque pop qui soignent les refrains.
Sept ans après ses débuts, le duo alsacien adepte de programmations et de guitares ténébreuses a acquis une force de conviction qui garantit la puissance évocatrice de ses meilleurs morceaux, grâce à des textes d'une ampleur poétique, une pratique parfaitement maîtrisée du chanter-parler et la portée mélodique de ses ritournelles inspirées" H.M - Rock & Folk août 2009

Une démo, deux albums, plusieurs concerts, des remises en cause musicales, des expérimentations, les fenêtres grandes ouvertes sur le monde et les radios… En cette fin 2009, le groupe Torso livre avec "Rien De Nouveau (En Quelque Sorte)" son troisième et meilleur album.
On y retrouve ce qui a fait la force du groupe : des paroles d'un cynisme triste et désabusé où le slogan se dispute avec la mise en place d'ambiances ("En été, la Terre se déguise en désert pour voir la gueule qu'elle aura dans trente ans"). Désormais, plusieurs textes sont adressés à un destinataire et ouvrent un dialogue à l'autre. Le plus souvent l'idée de couple est là et taraude, mine. La solution au mal-être peut se trouver hors de la solitude. Ou alors n'est-ce qu'un ennui supplémentaire, le couple ?
L'autre point de force du groupe est sa capacité à jouer avec des références, citant, parodiant, exploitant avec finesse un imaginaire du Rock sombre qui fait que jamais Torso ne sonnera comme Benjamin Biolay. Clin d'œil à "First We Take Manhattan" sur "Le Vent se lève", réminiscence de Diabologum dans la diction ; citation directe de "Boys Don't Cry" des Cure sur "Je Suce des Piles au Lithium" : c'est donc encore une fois le groupe phare d'une certaine New Wave qui marque de son empreinte le son de Torso. Avec "La Nostalgie des Balles perdues", le groupe manie les effets de la chanson française la plus tarte, passage acoustique, chant féminin, discret clappements de mains : et ça passe ! Accolé aux paroles les plus noires, le message souriant se mue en grimace, en crachat à destination des radios. Bravo !
En parallèle à ces citations, le groupe affirme sa personnalité. Les expérimentations sonores avec l'irruption de morceaux teintés de phrasés hip-hop ont laissés place à l'affirmation de lignes mélodiques fortes. On a maintenant la certitude de posséder un album complet, qui fait sens. Les introductions placent des climats, les variations harmoniques se font délicatesse ("Mona"). La mélancolie ralentit le tempo sur "Ghorepani", tandis que "Dresseur d'Animaux" harcèle de sa monotonie contrebalancée par l'alternance des deux voix.
La basse ronde des années cold-wave sert à merveille la voix de VinZ, les guitares cristallines d'AlexXx peinent à dissiper le malaise persistant. En acoustique ou en électrique, c'est l'enchaînement et la répétition, l'alternance entre chant et spoken word qui fait mouche. L'humour du désastre façonne les éclaircies. "Rien de Nouveau", titre phare du disque, marqué par une guitare couinante est le récit de la journée la plus triste de l'été, illusions et désillusions s'enchaînent sans que le pathos ne domine, plutôt la jouissance, l'attrait du vide…
Danse mortuaire, soubresauts de la Saint-Guy, aphorismes de fin du monde : Torso Sylvaïn Nicolino - Obsküre

À la une, l'idée d'un torso fleuri dévoré par les flammes, survolé par les canadairs. Rien de nouveau ? Hum, pas sûr. Il fait très chaud sur ce Torso-là. On y mélange la poésie et l'incandescence. Ce troisième disque tiendrait presque de l'installation sonore, une sorte de Thalassa au pays d'Haroun Tazieff, un week-end aux portes de l'enfer. L'histoire de Torso tient dans ses mises en scène, ses obsessions et ses utopies, mettant dos à dos The Cure et Hubert-Félix Thiéfaine pour une relecture de Primo Lévi et où les boîtes à rythmes répondent à l'expression, au riff de guitare électrique et à l'appel du vide. Dernier volet d'une trilogie explorant les vertiges et les arcanes de la folie et du surréalisme, ce Rien de nouveau (en quelque sorte) sonne comme la BO d'un jeu vidéo, où le joueur suicidaire tenterait le contact avec quelque fantôme de la cold wave. Une sorte d'Eldorado de l'after punk, où l'on croiserait, tout en suçant des piles au lithium, Conrad Veidt, Alain Bashung et Ian Curtis.
Rien de nouveau (en quelque sorte) (Factotum/cd1d)
28 à 20h30 Laiterie avec Sébastien Schuller
Patrick Peiffer Station Service parution rubriques DISQUES n° octobre 2009

Faisant suite à la froideur quasi-clinique et claustrophobique de "9 : solfatares" (2005) et aux climats tendus electro-post-industriels de l'obsessionnel "Eloge de la compression" (2007), TORSO propose "rien de nouveau [en quelque sorte]", Un titre clin d'œil pour un album qui, justement, marque une évolution importante dans la musique du duo strasbourgeois.
Si les sons, désormais clairement identifiables, de TORSO et la voix mi-chantée mi-parlée de VinZ constituent toujours la marque de fabrique du groupe, le propos change de façon spectaculaire ; Les références au post-punk se font de manière décalée. Les structures des morceaux s'avèrent plus riches, des refrains font leur apparitions et des bribes d'humour pointent ici et là à travers la poésie noire de l'expressionnisme des textes : "Je sniffe du Biactol pour avoir la peau saine...".
Tout ceci contribuant à faire de "Rien de nouveau [en quelques sorte]", un album surprenant et varié, comme une espèce de chaînon manquant entre The Cure et Hubert-Felix Thiéfaine.
Cd1d

Interview de TORSO

Longue interview de TORSO à propos de "rien de nouveau" à lire ici :
http://www.obskure.com/fr/inter_model.php?num_inter=611

Chroniques de l'album "Eloge de la compression"

"Le processus de création est très long pour moi. Pour ne pas dire laborieux. Surtout en ce qui concerne l'écriture des textes. Je suis maniaque à l'extrême et je peux rester coincé très longtemps sur un son ou un mot. Donc, dès la fin de l'enregistrement de "9:solfatares" j'ai commencé à travailler sur la "suite". Pour l'instant, ça prend une tournure plus intimiste. Mais étant d'un naturel assez instable, les choses peuvent changer très vite." (interview de Torso sur Cold Room). Nous y voilà à cette suite annoncée du bout des lèvres par Vinz, le charismatique chanteur compositeur du groupe. Pas si intimiste que ça ce nouvel opus qui se voudrait plutôt assez direct. "Nord" ouvre superbement la "face A" (l'éloge) de ce disque à la pochette désertique visant sans doute à dévoiler un vide à combler voire à établir un constat déconcertant. "Nord", donc, annonce le dépit, l'incertitude, la résignation. "Quelque chose a bougé à l'arrière du décor…" : et c'est bien là que ce situe l'histoire : le revers invisible où tout peut se produire sans que l'on s'en rende seulement compte. "Ceux qui se regardent danser" emboîte la pas par une ballade douce et triste, agrémenté du chant délicieux d'Aymeric Jeay : "A chacun son armure, la tienne est idéale, à présent je mesure que le chaire est capitale". Un moment de rêverie ; Vinz l'accompagne dans un registre plus tempéré et mélancolique. Le rendu envoûte littéralement. "Je dirige mes pensées vers la base des flammes", nouvel enchantement qui prend son envolée sur le refrain "Nos yeux se croisent, nos doigts se frôlent…" Sensuel et abstrait, délicat et profond. La "face B" (la compression) s'ouvre plus à l'électronique avec tout d'abord "L'enchevêtrement des lignes" invitant Jordan de Misantrop au chant, pour une incursion hip hop du meilleur effet. Ensuite c'est zNO qui participe à "Autre chose" pour un morceau sombre, pesant et angoissant virant vers le dark ambiant, puis Ex_Tension pour un remix electro de "Pologne" et enfin de nouveau zNO pour un remix d'Eloge de la Compression"… Une ouverture à d'autres styles musicaux où Torso prouvera que le métissage et l'union sont des forces. Et si finalement la pochette nous ouvrait tout simplement de nouvelles perspectives ?"
Py - Cold Room Septembre 2007

“Eloge de la compression” (Factotum Records) dei TORSO è un album che racchiude in se la magia della new wave Francese dei Noir Desir, l'eleganza synth-etica dei Massive Attack ed il fascino post-punk dei Joy Division. Questa breve introduzione vi fa già capire che l'album del combo di Strasburgo formato da Vinz F. e Alex O, attivo dal 2002 e con due lavori già editi, si aggiunge alla lunga serie di capolavori d'Oltralpe che stanno inondando il mercato e che settimanalmente il sottoscritto consiglia ai lettori di questa rubrica. Con Varsovie, Curtains, No Tears, Joy Disaster, Object, Frustration, Villa Vortex etc. (senza parlare del numero sempre più crescente di riastampe) i patiti della scena francese saranno costretti ad accendere un mutuo…e le società finanziarie gongolano :-) TRACKLIST: 01 Nord ; 02 Ceux qui se regardent danser (Featuring Aymeric Jeay) ; 03 Egon Schiele ; 04 Je dirige mes pensées vers la base des flammes ; 05 Un vent glacé et quelques arbres ; 06 Eloge de la compression ; 07 L'enchevêtrement des lignes (Featuring Misantrop) ; 08 Autre chose (Torso Vs Zno) ; 09 Pologne (Remix by Ex_tension) ; 10 Eloge de la compression (Remix by Zno)
Mr Moonlight - GothNews

"Depuis 2002, le duo alsacien TORSO cultive l'héritage d'une new wave à la française se réclamant autant de Marquis de sade que de Taxi Girl. Son second album fait la part belle à de véritables textes mi-chantés mi-déclamés, aux climats obsédants élaborés par les samples et les guitares, et à un état d'esprit dont la noirceur se conjugue avec une certaine douceur – nostalgie en prime."
H.M. Rock and Folk - Août 2007

"Après un 9 : Solfatares qui brossait subtilement l'intrigante émanation de souffre qui s'échappait du paysage musical torturé de Torso, voici maintenant la suite, étrangement baptisée : Eloge de la compression. Electro wave lunaire, spoken word habité mais nébuleux, "Nord" puis "Ceux qui se regardent danser" dressent un constat assez désabusé de notre condition humaine et des émotions qui s'en dégagent. Chant évoluant clairement dans les eaux de ce que l'on a coutume d'appeler le "rock français", atmosphères étranges, guitares magnétiques, harmonies jouant sans cesse avec l'inattendu. Torso surprend, dérange et déstabilise. Mais surtout, Torso divise. Suscitant un ennui poli chez les eux, une admiration sans borne chez les autres, le groupe se risque à verser dans l'élitiste (ou tout du moins l'exigeant)... avec cependant un tout petit quelque chose qui fait qu'il évite de s'enfermer dans un océan d'incompréhension artistique.
Disque de funambules, Eloge de la compression est une oeuvre en perpétuelle évolution, une suite d'idées oscillant entre songes contemplatifs et turbulences mentales pour mieux plonger dans une darkwave expérimentale mais qui a pourtant de la suite dans ses idées. Eloge de la compression des sons, l'ensemble ne formant au final plus qu'un, ce "tout" organique se mouvant imperceptiblement dans les méandres de l'âme, pour aller au coeur de son sujet : l'humain. Plus qu'un album, ce disque est l'aboutissement d'une démarche entamée sur 9 : Solfatares son premier essai discographique. Une démarche, certes jusque-boutiste (parfois trop...), mais qui a quelque chose d'intrigant, de fascinant dans ce qu'elle a de tortueux dans sa manière de dépeindre la complexité des émotions, capter l'essence de la condition humaine. Ce projet musical hors-norme ne peut laisser indiférent et c'est notamment ce qui fait tout l'intérêt de la chose, car quelques soient les conventions, Torso ne plie devant aucune d'entre elles, parce que Torso est artistiquement unique, Torso est musicalement libre... peut importe ce qu'il en coûte."
Aurelio  W-fenec.org Juin 2007


"Ça fait des années que ça dure. TORSO a cultivé ses éloquences et découvert ses cohérences dans une sorte de trou noir de la musique moderne, entre spoken word et revival dark wave. Un trou noir peuplé de songes et de mensonges, de turbulences littéraires et de spasmes organiques. Un éloge de la compression. Eloge funèbre de soi et compression de l'âme comme d'un fichier son. Avec un goût du texte et un sens du son. Le verbe cru, les aiguilles d'arpèges, la couleur de la basse, la riche interaction des genres et des rencontres. Tout en ayant désormais la totale maîtrise instrumentale de son sujet, à savoir l'impressionnante évolution de la discographie surgie de clair obscurs picturaux et mélomanes, entre l'érotisme famélique d'un Egon Schiele et la dramaturgie punk du groupe Marquis de Sade, Torso se passionne pour les images fortes et conjugue ses tempêtes personnelles sur un vénéneux et séduisant punk rock de nature sombre, aux cadences entêtantes,  mélange d'expressionnisme et de New-Wave  évoquant Taxi Girl, Cure et les Young Marble Giants. Taillé en deux faces, la première dardée d'un très beau "ceux qui se regardent danser" avec Aymeric Jeay, l'autre anticipée de featuring et de remixes avec Zno et Ex_tension, et tout particulièrement avec Misantrop, le collectif slam de Toulon, sur le splendide et futuriste "L'enchevêtrement des lignes".  Excellent album" 
Patrick Peifer - Station Service - Avril 2007


"Une mélodie qui flotte et envoûte des paroles qu'elle libère : « Nos yeux se croisent, nos doigts se frôlent, ta voix transperce les BPM. » (« Je Dirige Mes Pensées Vers La Base Des Flammes »). C'est que Torso nous fait l'amour et ouvre des portes plus qu'il n'en ferme avec ce deuxième album. Non pas que le premier n'était pas achevé, au contraire. La noirceur étouffante de « 9 : Solfatares » marquait une limite. Ou Torso continuait ainsi et se plagiait, pire, courait à sa perte, coulé dans une gangue de béton cold. Ou Torso se renouvelait et explorait de nouvelles pistes.
Alors, Torso soigne ses compositions. Dès l'arabisant « Nord », le fantôme d'un Minimal Compact (époque « Nada » par exemple) est achevé à coups de variations harmoniques surprenantes, déstabilisantes par leur aspect forcé de prime abord. Puis l'esprit se fait à ce heurt et respire avant de replonger. Tête hors de l'eau, la musique de Torso résiste cette fois-ci. Le chef d'œuvre vient avec la voix de Aymeric Jeay sur « Ceux Qui Se Regardent Danser », un morceau à ranger du côté de « Septembre En Attendant » de Noir Désir. Trois titres pour un passage en force. Torso a fait peau neuve.
Les morceaux s'étendent une nouvelle fois, leur climat s'installe, les paroles parlent du cœur des choses. Bien sûr, on sera encore flatté par ces guitares échappées des albums « Disintegration » ou « Faith » de The Cure, ces renforts de basses superposés en une ballade rock (« Egon Schiele ») qui ravira jeunes hommes et femmes de bon goût. « Un Vent Glacé Et Quelques Arbres » ose jouer de la sonorité discrète d'une sorte d'harmonium... avant que « Eloge De La Compression » ne ralentisse le propos de son rouleau compresseur morbide : « J'ai bien compris que rien ne presse / Que rien ne sert d'appliquer des compresses / Sur des plaies qui jamais ne se ferment / Mieux vaut alors les saupoudrer de chaux vives / Et éviter ainsi la pourriture / 365 révolutions par an pour revenir au point de départ / A chaque fois un peu plus près de la fin ».
La version remixée par ZNo entraînera le titre vers des territoires moins rock, plus électronique, un prochain visage de Torso qui met l'eau à la bouche.
Le voyage frôle la perfection, la segmentation du disque en deux faces est sensée, mais la deuxième moitié pâtit de la force dégagée précédemment. Le retour de Misantrop reste en deçà du très bon « On Répète Comme Des Singes (...) » qui fermait « 9 : Solfatares » ; « Autre Chose » plombe malgré l'apport bruitiste de Zno et l'absence de mélodie fait passer Torso dans le domaine du spoken word, domaine pour lequel la voix monocorde de VinZ manque d'effets de manche. Plus de réussite par contre pour les voisins de Ex_Tension qui remixent « Pologne » et jouent de l'usine délocalisée : résultat dance-floor et contamination du virus du mal-être en cours !"
Sylvain Nicolino - ObsKüre.com - Avril 2007


"A force de compresser ses espoirs, le commun des mortels a rendu stérile sa sensibilité et perçoit l'émotion comme une ironie alors, lorsqu'un album évoque [ L'éloge de la compression ], peut-être faut-il y voir un sursaut d'humanité ?
Torso dépeint une réalité avec un cynisme convaincant, quête sur 'Nord' un point de repère lui rappelant un soupçon d'évasion.
La mélodie avenante enveloppant un spoken word lucide expose 'Ceux qui se regardent danser', tous ces automates écervelés qui vivent leur vie par procuration en masquant une absence d'éveils derrière des apparences douteuses.
Cette formation strasbourgeoise a la culture chevillée au coeur et n'hésite pas à calquer son expressionnisme sur celui du peintre autrichien 'Egon Schiele', obsédé par la démence.
Le chant parlé de VinZ traduit l'intimité de son mal-être : 'Je dirige mes pensées vers la base des flammes', esquisse d'un exutoire à une solitude enflammée.
Torso reste fidèle à sa mélancolie bercée par 'Un vent glacé et quelques arbres', un décor And Also The Trees où la nostalgie s'est propagée à force d'amertumes.
Le titre éponyme ressemble à une valse funeste et vient clore la face A - l'éloge - étincelante de vérités, à la verve extrême compensée par une musique enivrante.
Torso choisit sur la face B - la compression - de laisser ses alter ego artistes (Misantrop, ZNo et Ex_Tension) amplifier la valeur de titres teintés d'opiniâtreté.
'L'enchevêtrement des lignes' slame la révolte, trace l'idéal pour ne pas courber l'échine.
'Autre chose' est un réquisitoire contre la médiocrité, la saturation des contemplations empreint d'un désir d'ailleurs, d'une haine de la normalité.
'Pologne' est un morceau phare électrisé par la volonté de garder en mémoire les images d'un passé maussade.
Le remix de 'Eloge de la compression' valorise l'acidité des aveux d'un écorché vif qui se cherche et cherche des raisons de croire en l'existence.
Torso est un acte résistant qui sonorise les opinions corrosives, donne du sens à la poésie acide, provoque le devoir de conscience en dosant l'impact des notes et le pouvoir des mots.
Un équilibre confirmé, intensifié qui m'incite à saluer à nouveau le talent authentique de VinZ et de AlexXx"
David D'Haleine - Félinéa - mai 2007

Autres chroniques, articles et interviews

"Aux Copains d'Abord, à 21 h, changement radical de style. « Torso, c'est un univers musical vraiment à part, avec des textes remarquables. C'est ce qui m'a donné envie de les accueillir une nouvelle fois, il faut les découvrir », résume Jean-Pierre, gérant de l'établissement. Aérienne, tourmentée, poétique et grinçante, la musique "électro-wave" des Strasbourgeois est une expérience à part, de celles qui laissent des traces. Le son glace et berce à la fois, véhicule le malaise et le remède pour s'en guérir. Les textes découpent allègrement des tranches de vie, avec un sens du
paradoxe quasi baudelairien, entre torture de l'esprit et amour des belles lettres. Dans l'atmosphère confinée d'un bar plein à craquer, le duo a ouvert en grand les portes d'un univers où se mêlent les
contradictions de l'existence. On adhère ou non, mais on ne peut passer à côté."
Luc Bohler "Dernières Nouvelles d'Alsace"

"Mais il est l'heure pour le Zic en Bar de lever le camp pour découvrir Torso, prochain set au programme ! Nous arrivons dans un « Copains d'abord » plein à craquer, terrasse comprise. Un public absorbé par les textes dramatiques, la sombre scansion et l'expression théâtrale de Torso. Ils nous emmènent en voyage, sur une route sombre et tortueuse, peuplée de mots, d'images, de sons électro… on y sent l'empreinte de la peinture, de la littérature, mais aussi de la révolte, de la vie avec ses obsessions et ses angoisses… Nos Torso fascinent, envoûtent et ne laissent pas indifférent !"
Blog Zic en Bar


Article paru sur W-Fenec.org
http://www.w-fenec.org/indus/torso.html

Interview parue sur Obskure.com
http://www.obskure.com/fr/inter_model.php?num_inter=499

Interview parue sur Cold Room
http://www.cold-room.com/index.php?menu=interviews&idit=22
Chroniques de l'album 9:Solfatares
torso-chroniques-9-solfatares.pdf
Chroniques du EP TORSO
chroniques_5_titres.pdf
Articles divers, interviews, live reports 
torso_articles_&_reports.pdf