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 Chroniques de l'album "Eloge de la compression" | "Le processus de création est très long pour moi. Pour ne pas dire laborieux. Surtout en ce qui concerne l'écriture des textes. Je suis maniaque à l'extrême et je peux rester coincé très longtemps sur un son ou un mot. Donc, dès la fin de l'enregistrement de "9:solfatares" j'ai commencé à travailler sur la "suite". Pour l'instant, ça prend une tournure plus intimiste. Mais étant d'un naturel assez instable, les choses peuvent changer très vite." (interview de Torso sur Cold Room). Nous y voilà à cette suite annoncée du bout des lèvres par Vinz, le charismatique chanteur compositeur du groupe. Pas si intimiste que ça ce nouvel opus qui se voudrait plutôt assez direct. "Nord" ouvre superbement la "face A" (l'éloge) de ce disque à la pochette désertique visant sans doute à dévoiler un vide à combler voire à établir un constat déconcertant. "Nord", donc, annonce le dépit, l'incertitude, la résignation. "Quelque chose a bougé à l'arrière du décor…" : et c'est bien là que ce situe l'histoire : le revers invisible où tout peut se produire sans que l'on s'en rende seulement compte. "Ceux qui se regardent danser" emboîte la pas par une ballade douce et triste, agrémenté du chant délicieux d'Aymeric Jeay : "A chacun son armure, la tienne est idéale, à présent je mesure que le chaire est capitale". Un moment de rêverie ; Vinz l'accompagne dans un registre plus tempéré et mélancolique. Le rendu envoûte littéralement. "Je dirige mes pensées vers la base des flammes", nouvel enchantement qui prend son envolée sur le refrain "Nos yeux se croisent, nos doigts se frôlent…" Sensuel et abstrait, délicat et profond. La "face B" (la compression) s'ouvre plus à l'électronique avec tout d'abord "L'enchevêtrement des lignes" invitant Jordan de Misantrop au chant, pour une incursion hip hop du meilleur effet. Ensuite c'est zNO qui participe à "Autre chose" pour un morceau sombre, pesant et angoissant virant vers le dark ambiant, puis Ex_Tension pour un remix electro de "Pologne" et enfin de nouveau zNO pour un remix d'Eloge de la Compression"… Une ouverture à d'autres styles musicaux où Torso prouvera que le métissage et l'union sont des forces. Et si finalement la pochette nous ouvrait tout simplement de nouvelles perspectives ?" Py - Cold Room Septembre 2007
“Eloge de la compression” (Factotum Records) dei TORSO è un album che racchiude in se la magia della new wave Francese dei Noir Desir, l'eleganza synth-etica dei Massive Attack ed il fascino post-punk dei Joy Division. Questa breve introduzione vi fa già capire che l'album del combo di Strasburgo formato da Vinz F. e Alex O, attivo dal 2002 e con due lavori già editi, si aggiunge alla lunga serie di capolavori d'Oltralpe che stanno inondando il mercato e che settimanalmente il sottoscritto consiglia ai lettori di questa rubrica. Con Varsovie, Curtains, No Tears, Joy Disaster, Object, Frustration, Villa Vortex etc. (senza parlare del numero sempre più crescente di riastampe) i patiti della scena francese saranno costretti ad accendere un mutuo…e le società finanziarie gongolano :-) TRACKLIST: 01 Nord ; 02 Ceux qui se regardent danser (Featuring Aymeric Jeay) ; 03 Egon Schiele ; 04 Je dirige mes pensées vers la base des flammes ; 05 Un vent glacé et quelques arbres ; 06 Eloge de la compression ; 07 L'enchevêtrement des lignes (Featuring Misantrop) ; 08 Autre chose (Torso Vs Zno) ; 09 Pologne (Remix by Ex_tension) ; 10 Eloge de la compression (Remix by Zno) Mr Moonlight - GothNews
"Depuis 2002, le duo alsacien TORSO cultive l'héritage d'une new wave à la française se réclamant autant de Marquis de sade que de Taxi Girl. Son second album fait la part belle à de véritables textes mi-chantés mi-déclamés, aux climats obsédants élaborés par les samples et les guitares, et à un état d'esprit dont la noirceur se conjugue avec une certaine douceur – nostalgie en prime." H.M. Rock and Folk - Août 2007
"Après un 9 : Solfatares qui brossait subtilement l'intrigante émanation de souffre qui s'échappait du paysage musical torturé de Torso, voici maintenant la suite, étrangement baptisée : Eloge de la compression. Electro wave lunaire, spoken word habité mais nébuleux, "Nord" puis "Ceux qui se regardent danser" dressent un constat assez désabusé de notre condition humaine et des émotions qui s'en dégagent. Chant évoluant clairement dans les eaux de ce que l'on a coutume d'appeler le "rock français", atmosphères étranges, guitares magnétiques, harmonies jouant sans cesse avec l'inattendu. Torso surprend, dérange et déstabilise. Mais surtout, Torso divise. Suscitant un ennui poli chez les eux, une admiration sans borne chez les autres, le groupe se risque à verser dans l'élitiste (ou tout du moins l'exigeant)... avec cependant un tout petit quelque chose qui fait qu'il évite de s'enfermer dans un océan d'incompréhension artistique. Disque de funambules, Eloge de la compression est une oeuvre en perpétuelle évolution, une suite d'idées oscillant entre songes contemplatifs et turbulences mentales pour mieux plonger dans une darkwave expérimentale mais qui a pourtant de la suite dans ses idées. Eloge de la compression des sons, l'ensemble ne formant au final plus qu'un, ce "tout" organique se mouvant imperceptiblement dans les méandres de l'âme, pour aller au coeur de son sujet : l'humain. Plus qu'un album, ce disque est l'aboutissement d'une démarche entamée sur 9 : Solfatares son premier essai discographique. Une démarche, certes jusque-boutiste (parfois trop...), mais qui a quelque chose d'intrigant, de fascinant dans ce qu'elle a de tortueux dans sa manière de dépeindre la complexité des émotions, capter l'essence de la condition humaine. Ce projet musical hors-norme ne peut laisser indiférent et c'est notamment ce qui fait tout l'intérêt de la chose, car quelques soient les conventions, Torso ne plie devant aucune d'entre elles, parce que Torso est artistiquement unique, Torso est musicalement libre... peut importe ce qu'il en coûte." Aurelio W-fenec.org Juin 2007
"Ça fait des années que ça dure. TORSO a cultivé ses éloquences et découvert ses cohérences dans une sorte de trou noir de la musique moderne, entre spoken word et revival dark wave. Un trou noir peuplé de songes et de mensonges, de turbulences littéraires et de spasmes organiques. Un éloge de la compression. Eloge funèbre de soi et compression de l'âme comme d'un fichier son. Avec un goût du texte et un sens du son. Le verbe cru, les aiguilles d'arpèges, la couleur de la basse, la riche interaction des genres et des rencontres. Tout en ayant désormais la totale maîtrise instrumentale de son sujet, à savoir l'impressionnante évolution de la discographie surgie de clair obscurs picturaux et mélomanes, entre l'érotisme famélique d'un Egon Schiele et la dramaturgie punk du groupe Marquis de Sade, Torso se passionne pour les images fortes et conjugue ses tempêtes personnelles sur un vénéneux et séduisant punk rock de nature sombre, aux cadences entêtantes, mélange d'expressionnisme et de New-Wave évoquant Taxi Girl, Cure et les Young Marble Giants. Taillé en deux faces, la première dardée d'un très beau "ceux qui se regardent danser" avec Aymeric Jeay, l'autre anticipée de featuring et de remixes avec Zno et Ex_tension, et tout particulièrement avec Misantrop, le collectif slam de Toulon, sur le splendide et futuriste "L'enchevêtrement des lignes". Excellent album" Patrick Peifer - Station Service - Avril 2007
"Une mélodie qui flotte et envoûte des paroles qu'elle libère : « Nos yeux se croisent, nos doigts se frôlent, ta voix transperce les BPM. » (« Je Dirige Mes Pensées Vers La Base Des Flammes »). C'est que Torso nous fait l'amour et ouvre des portes plus qu'il n'en ferme avec ce deuxième album. Non pas que le premier n'était pas achevé, au contraire. La noirceur étouffante de « 9 : Solfatares » marquait une limite. Ou Torso continuait ainsi et se plagiait, pire, courait à sa perte, coulé dans une gangue de béton cold. Ou Torso se renouvelait et explorait de nouvelles pistes. Alors, Torso soigne ses compositions. Dès l'arabisant « Nord », le fantôme d'un Minimal Compact (époque « Nada » par exemple) est achevé à coups de variations harmoniques surprenantes, déstabilisantes par leur aspect forcé de prime abord. Puis l'esprit se fait à ce heurt et respire avant de replonger. Tête hors de l'eau, la musique de Torso résiste cette fois-ci. Le chef d'œuvre vient avec la voix de Aymeric Jeay sur « Ceux Qui Se Regardent Danser », un morceau à ranger du côté de « Septembre En Attendant » de Noir Désir. Trois titres pour un passage en force. Torso a fait peau neuve. Les morceaux s'étendent une nouvelle fois, leur climat s'installe, les paroles parlent du cœur des choses. Bien sûr, on sera encore flatté par ces guitares échappées des albums « Disintegration » ou « Faith » de The Cure, ces renforts de basses superposés en une ballade rock (« Egon Schiele ») qui ravira jeunes hommes et femmes de bon goût. « Un Vent Glacé Et Quelques Arbres » ose jouer de la sonorité discrète d'une sorte d'harmonium... avant que « Eloge De La Compression » ne ralentisse le propos de son rouleau compresseur morbide : « J'ai bien compris que rien ne presse / Que rien ne sert d'appliquer des compresses / Sur des plaies qui jamais ne se ferment / Mieux vaut alors les saupoudrer de chaux vives / Et éviter ainsi la pourriture / 365 révolutions par an pour revenir au point de départ / A chaque fois un peu plus près de la fin ». La version remixée par ZNo entraînera le titre vers des territoires moins rock, plus électronique, un prochain visage de Torso qui met l'eau à la bouche. Le voyage frôle la perfection, la segmentation du disque en deux faces est sensée, mais la deuxième moitié pâtit de la force dégagée précédemment. Le retour de Misantrop reste en deçà du très bon « On Répète Comme Des Singes (...) » qui fermait « 9 : Solfatares » ; « Autre Chose » plombe malgré l'apport bruitiste de Zno et l'absence de mélodie fait passer Torso dans le domaine du spoken word, domaine pour lequel la voix monocorde de VinZ manque d'effets de manche. Plus de réussite par contre pour les voisins de Ex_Tension qui remixent « Pologne » et jouent de l'usine délocalisée : résultat dance-floor et contamination du virus du mal-être en cours !" Sylvain Nicolino - ObsKüre.com - Avril 2007
"A force de compresser ses espoirs, le commun des mortels a rendu stérile sa sensibilité et perçoit l'émotion comme une ironie alors, lorsqu'un album évoque [ L'éloge de la compression ], peut-être faut-il y voir un sursaut d'humanité ? Torso dépeint une réalité avec un cynisme convaincant, quête sur 'Nord' un point de repère lui rappelant un soupçon d'évasion. La mélodie avenante enveloppant un spoken word lucide expose 'Ceux qui se regardent danser', tous ces automates écervelés qui vivent leur vie par procuration en masquant une absence d'éveils derrière des apparences douteuses. Cette formation strasbourgeoise a la culture chevillée au coeur et n'hésite pas à calquer son expressionnisme sur celui du peintre autrichien 'Egon Schiele', obsédé par la démence. Le chant parlé de VinZ traduit l'intimité de son mal-être : 'Je dirige mes pensées vers la base des flammes', esquisse d'un exutoire à une solitude enflammée. Torso reste fidèle à sa mélancolie bercée par 'Un vent glacé et quelques arbres', un décor And Also The Trees où la nostalgie s'est propagée à force d'amertumes. Le titre éponyme ressemble à une valse funeste et vient clore la face A - l'éloge - étincelante de vérités, à la verve extrême compensée par une musique enivrante. Torso choisit sur la face B - la compression - de laisser ses alter ego artistes (Misantrop, ZNo et Ex_Tension) amplifier la valeur de titres teintés d'opiniâtreté. 'L'enchevêtrement des lignes' slame la révolte, trace l'idéal pour ne pas courber l'échine. 'Autre chose' est un réquisitoire contre la médiocrité, la saturation des contemplations empreint d'un désir d'ailleurs, d'une haine de la normalité. 'Pologne' est un morceau phare électrisé par la volonté de garder en mémoire les images d'un passé maussade. Le remix de 'Eloge de la compression' valorise l'acidité des aveux d'un écorché vif qui se cherche et cherche des raisons de croire en l'existence. Torso est un acte résistant qui sonorise les opinions corrosives, donne du sens à la poésie acide, provoque le devoir de conscience en dosant l'impact des notes et le pouvoir des mots. Un équilibre confirmé, intensifié qui m'incite à saluer à nouveau le talent authentique de VinZ et de AlexXx" David D'Haleine - Félinéa - mai 2007 |
|  Autres chroniques, articles et interviews | "Aux Copains d'Abord, à 21 h, changement radical de style. « Torso, c'est un univers musical vraiment à part, avec des textes remarquables. C'est ce qui m'a donné envie de les accueillir une nouvelle fois, il faut les découvrir », résume Jean-Pierre, gérant de l'établissement. Aérienne, tourmentée, poétique et grinçante, la musique "électro-wave" des Strasbourgeois est une expérience à part, de celles qui laissent des traces. Le son glace et berce à la fois, véhicule le malaise et le remède pour s'en guérir. Les textes découpent allègrement des tranches de vie, avec un sens du paradoxe quasi baudelairien, entre torture de l'esprit et amour des belles lettres. Dans l'atmosphère confinée d'un bar plein à craquer, le duo a ouvert en grand les portes d'un univers où se mêlent les contradictions de l'existence. On adhère ou non, mais on ne peut passer à côté." Luc Bohler "Dernières Nouvelles d'Alsace"
"Mais il est l'heure pour le Zic en Bar de lever le camp pour découvrir Torso, prochain set au programme ! Nous arrivons dans un « Copains d'abord » plein à craquer, terrasse comprise. Un public absorbé par les textes dramatiques, la sombre scansion et l'expression théâtrale de Torso. Ils nous emmènent en voyage, sur une route sombre et tortueuse, peuplée de mots, d'images, de sons électro… on y sent l'empreinte de la peinture, de la littérature, mais aussi de la révolte, de la vie avec ses obsessions et ses angoisses… Nos Torso fascinent, envoûtent et ne laissent pas indifférent !" Blog Zic en Bar
Article paru sur W-Fenec.org http://www.w-fenec.org/indus/torso.html
Interview parue sur Obskure.com http://www.obskure.com/fr/inter_model.php?num_inter=499
Interview parue sur Cold Room
| | http://www.cold-room.com/index.php?menu=interviews&idit=22 |
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